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"QAF" - Le remballage.
par Charles Kaiser
PlanetOut.com
5 avril 2005

 Rien de tel n'avait été vu à la télévision, et si les fanatiques anti-obscénité du FCC continuent à faire ce qu'ils veulent, on ne reverra rien de tel.

"Queer as Folk" a offert la vision la plus crue d'un certain aspect de vie gay urbaine : une saga de 83 épisodes qui a commencé avec un homme de 29 ans faisant courir sa langue sur le derrière d'un garçon de 17 ans plus loin qu'aucune langue n'avait été à la télévision américaine. Puis vinrent la baise, la drogue, la prostitution des mineurs, des scènes de sexe torrides entre lesbiennes, du cassage de pédé occasionnel et une serveuse qui n'a pas sa langue dans sa poche (Sharon Gless), qui se présente à ses clients en leur conseillant de prendre parfois "des protéines qui ne viennent pas de la nourriture."

A la fin du mois dernier, tout ça s'est terminé pour toujours, alors que la dernière scène de cette série de Showtime était tournée à huit heures du matin dans le froid de Toronto. Ce soir là, après que tout le monde soit rentré chez soi pour une petite sieste, il y a eu un dîner intime pour 20 des acteurs dans une salle de restaurant privée de l'un des nombreux centres commerciaux souterrains de Toronto. Le lendemain soir, 200 personnes de sont retrouvées à l'Ultra, une discothèque de Toronto, pour une soirée dansante de fin de tournage endiablée. Bien que la diffusion de la cinquième saison ne commence que le 22 mai, le 83ème et dernier épisode de cette série révolutionnaire est en sécurité dans la boîte, et les acteurs sont prêts à reprendre leur vie à Los Angeles, New York ou en Colombie Britannique.

Il y a cinq ans, j'étais le premier journaliste sur le plateau. L'article que j'avais écrit pour le New York magazine surnommait ce programme "Le show le plus Queer de la Terre" (ce surnom est resté), et l'article décrivait l'inquiétude des producteurs qui se demandaient si Showtime reproduirait toute la marginalité de la version originale britannique créée par Russel T. Davis. (Au bout du compte, la chaîne n'a pas failli.) Presque tous les acteurs (la plupart peu connus) étaient alors novices en matière d'interview. Après avoir écrit mon papier, j'ai créé des liens avec plusieurs d'entre eux, particulièrement avec Michelle Clunie, qui jouait l'une des lesbiennes sexy, et son petit ami, l'acteur Stewart Bick. Alors quand Michelle m'a invité à revenir pour le grand remballage, comment y résister?

J'étais impatient de faire partie de ces longs adieux à une série qui a fait bien plus que les autres pour amener la vie gay dans les foyers américains. Alors que les critiques des grandes villes l'ont parfois décriée, elle a plus aidé à démystifier la vie des gay et des lesbiennes dans les petites villes des Etats-Unis que n'importe quelle série avant elle. Et elle a constamment apporté un flux de lettres de fans gay adolescents, dont plusieurs ont dit qu'ils n'ont pu faire leur coming-out auprès de leurs parents qu'après les avoir forcé à regarder la série.

Elle a aussi permis à Showtime de devenir plus que l'éternel second face à HBO et de préparer le terrain pour "The L Word", qui a obtenu le feu vert pendant la première saison de QAF.

Dans cette ère Bush et DeLay, on se demande si les chaînes câblées payantes feront à nouveau quelque chose contenant autant de sexe gay - et avec autant d'honnêteté sur la sexualité gay.

Après être venu de New York en avion, j'étais plus intéressé par un bon repas entre amis. Vendredi soir, j'ai dîné avec Michelle et sa "co-lesbienne" Thea Gill au Domini, un restaurant italien cosy. Ensuite, je les ai traînées sur Church Street, la rue principale du quartier gay, qu'elles avaient évité pendant leurs cinq années à Toronto, et où la série était tournée, bien que l'action se situe à Pittsburgh. Les fans se sont agglutinés partout, surtout au Woody's, l'ancêtre des bars gay de Toronto. Les deux actrices -- qui ont fait presque tout ce que deux filles peuvent faire ensemble sans leurs vêtements devant une caméra-- étaient angoissées à l'idée de se séparer.

Bien qu'elles ne soient lesbiennes qu'à la télévision (Thea est mariée depuis 12 ans à Brian Richmond, un dramaturge et metteur en scène), elles ont développé une intimité émotionnelle qui ressemble en quelque sorte à une relation romantique. "Je ne cesse de dire au revoir depuis deux semaines," m'a dit Thea après un verre de vin rouge. "C'était très dur de faire la dernière scène d'amour avec Michelle, la serrer pour la dernière fois, j'ai senti que c'était la plus réaliste qu'on ait fait. Lindsay [le personnage de Thea] va me manquer, une partie de moi est presque partie avec elle. Michelle et moi sommes des amies de longue date maintenant. Gale [Harold] a été comme un ange gardien pour moi, un frère pour nous tous, vraiment. Ils sont mes meilleurs amis, tous de manière différente."

Pour tous ceux qui ont été impliqué, de l'équipe aux acteurs, la série était plus qu'un job glamour : c'est devenu une mission. Pour Michelle, "la famille va me manquer, le fait de venir ici et de me sentir ridiculement en sécurité sur ce plateau va me manquer, aussi confortables que soient nos living room. Dan [Lipman] et Ron [Cowen] (les producteurs exécutifs et auteurs principaux) ne sont pas des producteurs typiques. Ce sont des anges, et je pense qu'indirectement, ils ont eu des enfants grâce à Queer as Folk."

La nuit suivante, au dîner avec les acteurs, Michelle, Thea et moi nous sommes glissés dans une salle adjacente et les deux ont improvisé un duo a capella et chanté "Me and Bobby McGee." Ce fut mon moment préféré de tout le week-end, alors que j'étais leur seul public.

Les garçons étaient tous impressionnants. Randy Harrison, le blond Justin que Michelle décrit comme "trop sage vu son âge" avait juste 22 ans et était fraîchement sorti de la fac quand je l'ai rencontré pour la première fois. Et il avait utilisé mon premier article sur la série dans le New York magazine pour faire son coming out publiquement. Peter Paige -Emmett- était le seul acteur ouvertement gay parmi le casting original, bien que Gale Harold - Brian- est l'hétéro le plus gay-friendly que j'ai jamais rencontré.

Randy était très reconnaissant envers cette expérience : "Sans ce boulot bizarre, je n'aurais jamais eu la chance d'apprendre autant de la part de gens extraordinairement artistiques et intelligents." m'a t-il dit.

Mais après avoir demandé (et eu) un câlin de Sharon Gless, il était prêt à passer à autre chose : "Quand on signe un contrat de cinq ans, peu importe la situation idyllique, après cinq ans, ça commence à devenir une prison... et c'est difficile de se sentir comme une marionnette dont le corps est utilisé pour aider des gens à vous faire plus d'argent que vous, alors que les répercussions négatives de ce phénomène continuent de se répercuter sur votre vie privée, votre famille, et vous bouffe à moitié la vie." Randy espère trouver la sérénité, assez invraisemblablement, à New York, où il vient d'emménager dans un appartement avec son petit ami, le journaliste Simon Dumenco.

Gale Harold, qui jouait l'amoureux de Justin, Brian, se sentait aussi libéré : "C'est bon d'avoir fini. Mais c'est un peu dur de quitter le Canada et ses vibrations socialistes bienveillantes."

Scott Lowell, qui jouait Ted, a trouvé les dernières semaines très difficiles. Il s'est "retrouvé, soir après soir, à pleurer" alors qu'il disait adieu à différents membres de l'équipe. Dean Armstrong, dont le personnage de Blake a presque tué Ted dans la première saison avec une overdose, était particulièrement bouleversé par le départ de Scott : "J'étais au téléphone avec lui alors qu'il faisait ses bagages, et mon coeur s'est brisé." m'a t-il dit.

Lowell quitte la série avec deux grands changements dans sa vie : sa petite amie, Claire Sakaki, une productrice de théâtre de Toronto qu'il a rencontré lors d'un blind-date organisé par Peter Paige, et une nouvelle maison qu'il a achetée l'été dernier sur Hollywood Hills. Quant à l'impact de son personnage sur le public, Lowell se fait aussi bien arrêter par des femmes que par des hommes dans la rue : "Je pense qu'ils veulent juste m'emmener chez le psychiatre le plus proche."

Le plus jeune acteur de la série est Harris Allan, qui a 20 ans et qui joue un jeune prostitué séropositif du nom d'Hunter, recueilli par Michael (Hal Sparks) et Ben (Robert Gant). Parmi les lettres de fans qu'il a reçues, celles qui l'ont le plus ravi étaient celle d'un jeune gay lui disant que la série lui avait permis de faire son coming out envers ses parents, et celles d'anciens prostitués le félicitant pour sa performance convaincante. Quand il a commencé dans la série à 17 ans, certains de ces camarades de classe se sont sentis mal à l'aise face au contenu explicite, "mais ils ont vraiment été convaincus." Il est le seul de l'équipe à être rentré chez ses parents, avec son grand frère, dans le centre de Vancouver. (Sa mère est aussi son manager.)

Le Coproducteur Ron Cowen est fier que la série ait duré pendant 83 épisodes -- plus longtemps que "Les Sopranos" ou même "Sex in the City". "Je pense que nous avons dit tous ce que nous voulions dire sur le VIH et le sida, la dépendance aux amphétamines, la discrimination, le climat politique qui devient de plus en plus conservateur et oppressif, les parents homosexuels, les conflits dans la communauté entre ceux qui veulent s'intégrer et ceux qui veulent conserver leur style de vie gay, qui sont représentés par Brian. Je crois qu'il y a un énorme conflit entre ces deux camps en ce moment."

Dan Lipman, le partenaire de Ron dans la vie, comme dans le travail, a confirmé : "Je pense que nous avons gardé l'originalité, la sexualité et le ton intact. Les personnages ont du mordant. La chose formidable dans cette expérience, c'est que Showtime, malgré deux directorats, n'ont jamais censuré un personnage ou une histoire, ils nous ont donné carte blanche pendant cinq ans, et c'est remarquable."

Après le dîner entre les acteurs, nous sommes entrés à six dans une limousine Cadillac Brougham (le chauffeur nous a dit qu'elle était de 1994, mais Gale et moi étions sûrs qu'elle était de 85 à en juger par les feux arrières) et nous nous sommes rendus au Ted's Collision dans la rue College - "le bar de chez bar", comme l'appelle Michelle. Heureusement, les bars de Toronto ferment à 2h00, ce qui nous a donné assez de temps pour nous remettre avant les toutes dernières festivités.

Le soir suivant, j'ai rencontré Michelle dans son appartement. Il y avait des cartons partout, mais aussi des glaçons et une bouteille de Chivas Regal. Quand Thea nous a rejoints à 8h00 pour qu'on puisse aller ensemble au rassemblement final, Michelle a insisté pour changer encore de tenue, pour être sûre qu'elle serait aussi sexy que possible pour les adieux. Elle habilla Thea d'une robe bordeaux de chez Gucci (avec un large trou exposant son nombril) et d'un collier en forme de papillon fait de cristal Swarovski. Michelle les donna tous deux à Thea. "Je lui ai dis de les garder, ou bien la prochaine fois qu'on se voit, on refera l'échange."

Puis, nous sommes partis pour cinq heures de danse et de boisson avec 200 membres de l'équipe et leurs conjoints. Quand le DJ a mis "Sympathy for the Devil", Michelle et Thea ont commencé à se trémousser. Tout le monde s'est approché pour avoir une dernière photo du couple en or. Avant QaF, Thea a toujours eu un peu peur de laisser son corps s'exprimer. Mais ce soir là, ce sentiment s'est envolé pour de bon. "J'ai appris à danser à cette satanée soirée!" dit Thea. "Je n'ai jamais eu cette sensation avant. Je sens que mon corps s'est libéré!"

La série elle-même a libéré tout un segment de la vie américaine, et le monde de la télévision ne sera jamais plus tout à fait le même.



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