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Pink Tube : Hal Sparks & Gale Harold
365Gay.com TV - 2001 - par Meg Allen

Church Street à Toronto est une vraie ruche. Le quartier gay de la ville est ordinairement très animé, mais lorsque l’équipe de Queer As Folk débarque, il y a de l’électricité dans l’air.
Cette semaine, nous saurons ce qu’est devenu Justin, frappé avec une batte de base-ball par l’un de ses camarades de lycée homophobe, après l’apparition de  Brian au bal de fin d’année.
Sparks (Michael) et Harold (Brian), pratiquement inconnus avant la série, sont maintenant immédiatement reconnus dans les environs, et sont même assaillis par les fans dans les aéroports.

Hal Sparks : La plupart des gens qui me reconnaissent sont des femmes, et chose intéressante, ce sont surtout des adolescentes, ou des jeunes femmes d’une vingtaine d’années. C’est un auditoire assez surprenant pour une série comme Queer As Folk, mais aussi curieux que cela puisse paraître, c’est la vérité.

Q : Les gays ne vous abordent pas ?
Hal Sparks :  Rarement. Je pense que c’est l’une des caractéristiques des gays. Ils respectent la vie privée des autres.

Q : Comment la communauté gay de Toronto s’est-elle comportée à votre égard pendant le tournage ? Avez-vous rencontré des problèmes ?
Gale Harold : - Non, non, tout s‘est très bien passé. Les gens sont très, très cool. Je n’avais jamais été au Canada avant, et j’ai découvert que Toronto est une ville formidable. J’aime être loin de chez moi quand je tourne. Ce n’est pas le cas de tous les acteurs de la série, mais personnellement, ça me convient parfaitement. Même s’il y fait un putain de froid pendant l’hiver, Toronto est un endroit génial !

Q : Quelle est la célébrité qui vous a déjà reconnu ?
Hal Sparks : Mon attaché de presse a entendu Mike Myers dire, à 15 mètres de moi, qu'il pensait que j'étais marrant. Je ne l'ai pas entendu, mais mon attaché de presse m'a dit "il vient de dire que t'es très marrant". C'était énorme, car je le respecte beaucoup et je pense qu'il est hilarant et talentueux, alors c'était génial."

Q : On a critiqué le fait que la série se passe à Pittsburgh. En effet, Liberty Avenue n’a rien à voir avec Church Street à Toronto. A Pittsburgh, il n’y a que quelques bars gays, et les habitants n’ont jamais vu d’hommes marcher main dans la main, tout habillés de cuir, au grand jour. Pourquoi avoir choisi Pittsburgh, plutôt qu’une ville plus cosmopolite ?
Hal Sparks : Je pense que s’ils avaient situé l’histoire à New York ou à  Los Angeles, une trop grande présence de la communauté homosexuelle lui aurait ôté son impact universel, l’empêchant de montrer comment vivent vraiment les gays. Parce qu’il existe d’énormes – à défaut d’autre mot - ghettos gays à LA et New York.
Dans certains endroits, le soutien gouvernemental et social rend les choses trop faciles. Si la série s’était passée à Los Angeles, que nous avions vécu dans l’Ouest d’Hollywood, il y aurait eu une Gay Pride une fois par semaine, et l’intrigue aurait uniquement tourné autour de nos relations personnelles, que nous aurions vécues en cercle fermé.
C’est intéressant pendant un moment, mais très vite ennuyeux au bout de quelques épisodes, si vous avez plus de 16 ans.  Il y a beaucoup plus de sujets à aborder – comment les personnages s’assument, qu’ils soient officiellement gays ou non, par exemple. A mon sens, il vaut mieux que cela se passe dans une ville plus traditionnelle comme Pittsburgh. Cela aurait aussi bien pu se passer à Cincinnati, Ohio ou Atlanta – euh, non, peut-être pas Atlanta – en tout cas, dans des villes de moyenne importance, pas des mégapoles.
Je crois que Pittsburgh présentait cet avantage. Je n’y ai jamais été, mais d’après ce que j’ai compris, nous avons montré la communauté gay de la ville comme celle d’Hollywood Ouest, ce qui n’est apparemment pas le cas. Le problème est donc que tous les gays qui regardent la série, ou des jeunes qui se découvrent gays, pourraient avoir envie d’y aller pour y trouver de la tolérance et de l’amour, à cause de l’image trop rose que nous en avons donnée.  

Q : Connaissiez-vous vos partenaires avant de tourner la série ?
Gale Harold  : - Non. Bien sûr, je savais qui était Sharon Gless. Et le visage de Hal m’était familier. Mais nos relations n’ont vraiment commencé qu’au moment où nous nous sommes tous réunis pour la première lecture de la série. Une sorte d’amnésie m’a frappé alors. Je l’avais vu dans « Talk Soup » mais je ne savais plus ni où ni quand.

Q : Brian est un personnage complexe. Saviez-vous comment le situer en tant qu’être humain avant le tournage, vous l’a-t-on expliqué ou l’avez vous découvert par vous-même ?
Gale Harold : - J’en ai discuté avec les scénaristes, mais très peu, en termes de durée et de profondeur. A vrai dire, j’ai appris que j’avais le rôle un jeudi à midi, et j’étais déjà à Toronto en train de tourner le mardi suivant. Je n’ai donc pas vraiment eu le temps de me préparer, et j’ai fait ce que j’ai pu, entre mes valises, le voyage, les essayages de costumes, etc. J’en ai une meilleure idée maintenant. C’est étrange, parce qu’essayer de retrouver l’état dans lequel j’étais en tant qu’acteur au moment des premiers épisodes, de voir où en était Brian en regardant les épisodes, et d’avoir maintenant à remonter le temps pour combler les trous noirs de sa vie, que je n’avais à l’époque aucune chance de comprendre, semble surréaliste. C’est comme sortir d’une d’amnésie, et essayer d’utiliser le scénario, plus les scènes que nous avons tournées comme indices, pour construire le personnage, car j’ai l’impression de me « réveiller », après avoir couru dans un hôpital ou fait l’amour avec Justin. A partir de là, les bribes de la vie de Brian que l’on ne voit pas dans la série prennent forme d’elles-mêmes, en quelque sorte.

Q : Hal, est-ce que Michael vous ressemble ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées en l’incarnant ?
Hal Sparks : - Eh bien... Non, il ne me ressemble pas. Et pas seulement parce qu’il est gay et que je suis hétéro. Nous sommes très différents au niveau de la naïveté, par exemple.
Je ne le suis pas du tout, et l’une des choses les plus difficiles pour un acteur est de faire table rase de son propre vécu pour entrer dans la peau d’un personnage, vierge de tout point de vue personnel, ce que Michael est vraiment. C’est très dur. Il  est très indulgent, alors que j’ai plutôt un esprit critique dans la vie, et j’ai dû aller contre ma nature pour le montrer dans toute sa pureté. Il s’embrouille dans des situations que moi, Hal,  saurait résoudre facilement, mais je ne peux pas le laisser transparaître. Je n’aime pas les moments où il agit comme un débile. Je le veux plein d’espoir. Les scènes d’amour aussi sont difficiles à tourner, mais cela ne surprendra personne. Mêmes celles avec des hétéros ne se font pas facilement, alors... Je n’en ai encore jamais tourné, mais j’espère en faire l’expérience, bientôt.

Q : Que pouvez-vous nous dire de la saison 2 ? J’ai entendu dire qu’il y aurait beaucoup de changements ?
Gale Harold : - Eh bien, nous ne voulons pas révéler trop de surprises, je peux juste  dire que Justin a survécu, mais que sa guérison sera encore longue et difficile.
Hal Sparks : - Et Brian change d’attitude…
Gale Harold : - Et tu as un nouveau petit ami.
Hal Sparks : - Mais c’est tout ce que nous dirons. Vous le découvrirez en regardant la série.



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