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Sparks en Feu : (ndlt : Sparks = étincelles)
The Advocate - 30 mars 2004
par Anne Stockwell


Il est en colère après le président. Il en a assez d’être mal compris. Et il est prêt à se distinguer dans une nouvelle saison avec Robert Gant. La star de Queer as Folk, Hal Sparks, se déchaîne dans une interview rentre-dedans.
La timidité de Michael Novotny, l’un des protagonistes de la série Queer as Folk, est si convaincante qu’on en oublierait qu’il est fictif –jusqu’à ce qu’on rencontre l’homme qui le joue. Quand je salue Hal Sparks, il est en train de brandir une épée chinoise. C’est la sienne, pas une fausse achetée dans un magasin d’accessoires. Pour sa séance photo de The Advocate, la star de 34 ans vient de fendre l’air avec son arme dans une éblouissante succession de figures de kung-fu, discipline qu’il pratique depuis l’âge de 8 ans. C’était avant qu’il ne pose nu avec un drapeau arc-en-ciel.
Ce comportement serait bien trop téméraire pour Michael. Bien sûr, ce propriétaire de magasin de Comics à Pittsburgh timoré est le secret du succès controversé de QaF. Cet homme banal a été le pivot de l’histoire pendant trois saisons, et continue dans la quatrième saison actuellement en tournage à Toronto.
En plein milieu d’une campagne présidentielle qui lynche le mariage gay, le message « eux et nous » que passe QaF n’a jamais été plus pertinent.
Pour toutes ses vertus, Michael ne pourrait jamais jouer Hal. L’acteur-comique-musicien, qui a été élevé dans le Kentucky avant d’emménager à Chicago, est charismatique, déterminé, irrévérencieux, sexy et incroyablement intelligent. Il est aussi hétéro, et dès les premières apparitions des acteurs de QaF dans la presse, il s’est immédiatement retrouvé sur la sellette. Quand on lui a demandé l’effet que cela faisait d’embrasser un homme, Sparks a comparé cela au fait d’embrasser un chien. Le scandale s’ensuivit. Ce commentaire a été perçu par les gays comme une preuve que l’animateur de la provocante émission Talk Soup n’était peut-être pas digne d’avoir un rôle dans une série télé plus qu’audacieuse sur la vie gay. Mais Sparks  a été patient et a payé sa dette. Pendant un moment, après le début de QaF, les émissions et jeux où Sparks était invité pour y exercer son sens de la répartie ont cessé de l’appeler. Ils ne voulaient pas que le mot « queer » soit mentionné. Il dit que l’exclusion ne l’a jamais perturbé : « Je vis sans aucune peur, je n’en ai vraiment rien à faire de ce que les gens pensent de moi. » De plus, il est occupé : en semaine il tourne pendant de longues heures sur le plateau de QaF et le week-end, il fait des one-man-show. Il est actuellement en plein mixage du premier CD de son groupe de heavy metal, le Hal Sparks Band, afin de le mettre en vente au printemps sous son propre label. « J’ai décidé il y a longtemps que je serais le président de ma propre boîte », nous dit Sparks à propos de son emploi du temps surchargé. « Je suis un acteur débutant. J’en suis à une phase intermédiaire dans la construction de ma carrière. »
Maintenant que la saison 3 est disponible en DVD et que la saison 4 va être diffusée en avril, Sparks et The Advocate ont enfin trouvé une date de rendez-vous. Autour d’une salade au thon dans un restaurant de Venice (Californie), il me donne un aperçu de son esprit vif. Dans la presse, Sparks peut avoir l’air très abrasif, mais pas en personne. Il émane de lui une énergie bienveillante et des intentions nobles : en tant qu’amuseur, cet homme est spirituel à un point déconcertant. Mais son ton devient très incisif quand il commence à parler des homophobes, de la Bible, d’Enron, de sa future partenaire, de sodomie et du coma qui a révélé son talent comique.

Commençons par la politique. Que pensez-vous du soutien de Bush pour un amendement constitutionnel contre le mariage gay ?
Je pense que Bush est au christianisme ce que les comptables d’Enron sont au capitalisme. Ils utilisent la loi à leur avantage quand ils peuvent, et quand ils ne peuvent pas, ils la transgressent. Bush utilise cela pour enflammer le parti conservateur et les inciter à voter. Ca n’est qu’une roublardise. Mais je pense que cela va se retourner contre lui.

De quelle façon ?
Leur plus grand argument est de dire « Nous protégeons le caractère sacré du mariage, qui a toujours été entre un homme et une femme. » Ouais, allez dire ça aux Mormons. De plus, si 50 % des mariages finissent par un divorce alors que le mariage gay est interdit, ce n’est visiblement pas le mariage gay le problème. Disons que certains gays se sont forcés à se marier à des hétéros. Et maintenant, ils divorcent car ils réalisent qui ils sont en réalité. On pourrait baisser le nombre de divorces rien qu’en leur permettant d’être ce qu’ils sont dès le départ. Vous voulez protéger l’aspect sacré du mariage ? Autorisez les gays à épouser des gays.

Je sais que la série s’efforce de refléter l’actualité. Michael et Ben vont-ils décider de se marier ?
Je ne serais pas surpris. En fait, je m’y attends, de bien des façons.

Après trois saisons, QaF semble encore déchaîner les passions. Pourquoi ?
Il y a tant d’appréhensions autour de cette série, du côté gay et du côté hétéro, que je pense qu’il est de notre devoir de prendre du recul et de dire « Pouvez-vous vous calmer et accepter les choses telles qu’elles sont ? » Ceux qui sont contre doivent voir ce que la série apporte et le désir qu’ont les acteurs et producteurs de faire quelque chose de bien dans ce monde. Et ensuite donner le bénéfice du doute à tous les gens impliqués.

Qu’est-ce qui a bien pu mener un comédien hétéro, Hal Sparks, à une série appelée Queer as Folk ?
La principale raison pour laquelle j’ai accepté le rôle est que personne d’autre n’en voulait. Cet automne-là, j’aurais pu obtenir (et ce n’est pas de l’arrogance) un rôle dans une sitcom, et j’aurais pu y être durant ces trois dernières années. Mais c’était un contrat de sept ans, et à la fin, les gens auraient dit : « Ok, mais sait-il jouer ? Va-t-il faire quelque chose d’important au lieu de brasser du vent ? »

Comment avez-vous entendu parler de la série ?
Mon agent a dit que le script se baladait à droite et à gauche depuis sept semaines environ. Je venais d’être viré de Talk Soup, j’ai joué dans « Hé mec, elle est où ma caisse ?» deux semaines plus tard, et ils cherchaient encore et toujours Michael. Ils ne trouvaient ni de Michael ni de Brian, ils avaient trouvé un Ted et quelques Emmett. Apparemment, ils n’avaient eu aucun problème à trouver des lesbiennes, donc les filles ont du mérite d’avoir été choisies parmi un grand nombre de prétendantes. Mais pour nous autres, c’était limité. Et j’étais l’un des rares qui soit un peu connu qui ait accepté de le faire. Le script du pilote était très touchant, très extraordinaire sur le plan émotionnel. Mon agent, et c’est tout à son honneur, m’a dit : « C’est important, ça vaut le coup. » Elle a dit quelque chose de très intéressant, et je pense que c’est vrai : « Ou bien cela va devenir un phénomène, ou bien cela va disparaître. » Il n’y aurait pas de juste milieu avec QaF.

Comment s’est passée votre première rencontre avec Dan Lipman et Ron Cowen, les créateurs et producteurs de la version américaine ?
Ils étaient là pendant les auditions. Ils étaient adorables. Mais il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Je ne les connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Si j’acceptais de faire la série, ils auraient tout pouvoir sur ma carrière pendant six ans, car c’était la durée de nos contrats. Financièrement et humainement, c’était un gros risque à prendre.

Cela a dû être terrifiant. Qu’est ce qui vous a convaincu de le faire ?
J’ai eu une longue conversation téléphonique avec Ron et Dan, et ils étaient super, et très rassurants. Je pensais : « Nous allons signer un gentleman’s agreement, sur le fait que la série et Michael, le personnage que j’interprète, vont rester axés sur le côté émotionnel. Il ne sera pas question de pipes ou de pénis mais de cœur. Parce qu’à la minute où on s’oriente plus vers les pipes ou la bite, c’est fini. C’est une perte de temps. C’est facile de vendre du sexe, et personne n’a besoin de rendre cela intellectuel.

Que voulez-vous dire ?
On ne peut pas avoir de discussion intellectuelle avec un fanatique. Mais si vous touchez son cœur, alors la cuirasse tombe. Nous recevons des lettres de parents et d’enfants qui nous disent : « Je détestais mon fils car il est gay, ma femme m’a fait regarder la série et maintenant, je l’aime plus que je ne l’aimais avant de savoir qu’il était gay, et je regrette ce temps perdu où j’aurais pu être avec lui. » C’est pour cela qu’on fait cette série.

Quand nous nous sommes rencontrés lors de la conférence de presse de l’Association des Critiques de Télévision, je vous ai dit que vous aviez fait un commentaire désobligeant sur le fait d’embrasser un homme, et vous m’avez répondu : « Non, je n’ai pas fait ça. »
J’ai dit quelque chose qui a été interprété de façon négative, alors qu’en fait, j’essayais d’être purement descriptif. Quelqu’un m’a demandé l’effet que cela faisait d’embrasser un homme. Souvenez-vous qu’à l’époque, je n’avais pas encore embrassé d’homme gay. J’avais juste embrassé Gale Harold et un autre gars. Deux mecs hétéros. Alors si vous pensez que je comparais le fait d’embrasser un gay au fait d’embrasser un chien, vous avez déjà tout faux. On reprend à partir de là.

Ok, continuez.
Deuxièmement, j’essayais de dire que… vous avez déjà vu ces gens qui ont un chien et qui aiment ce chien ? Ils ont une telle affection pour ce chien qu’ils l’embrassent sur la bouche. Et ils peuvent montrer à quel point ils aiment cet animal, mais ils ne veulent pas pour autant le baiser. C’est un peu ce qu’on ressent quand on joue un gay qui embrasse un autre homme. Je peux montrer de l’affection, de l’amour, du soutien, mais je ne veux pas les baiser.

Donc vos intentions étaient bonnes.
C’est important que les gens sachent cela car beaucoup d’entre eux pensent qu’être gay est contagieux. Dans la plupart des interviews que je donne pour la presse hétéro, ils n’arrêtent pas de me poser toujours la même question : « Etes-vous hétéro, êtes-vous homo ? » même s’ils savent que j’ai déjà répondu des centaines de fois. La raison, d’un point de vue sociologique, est qu’ils reflètent la plus grande peur que les Américains ont, à savoir « Etes-vous gay maintenant ? L’avez-vous attrapé ? » La raison pour laquelle je leur réponds encore est qu’il faut leur dire « N’ayez pas peur. Ils sont ce qu’ils sont et vous êtes ce que vous êtes. Tout va bien, c’est pas la grippe. »

Parlez-moi de votre rencontre avec Robert Gant et du fait de travailler avec lui.
Ils l’ont fait venir à Toronto parce qu’ils l’aimaient beaucoup. Nous avons lu une scène ensemble et c’était génial, il était très bon dedans, vraiment. Je l’ai tout de suite apprécié. C’est un mec vraiment cool et très excité par le projet.

Je me dois de vous demander de parler des scènes de sexe.
Travailler avec Bobby a fait de cette relation la plus facile et la meilleure que j’ai eu à jouer dans la série. Pas seulement parce qu’il est très bon acteur, mais parce que nous sommes tous deux très respectueux des besoins de l’autre pour une scène. Tourner une scène de sexe n’a rien de sexuel, particulièrement quand vous voulez faire passer des émotions, et si vous voulez que les gens ressentent la connexion qui existe entre eux.

Et avec Bobby, vous embrassez un homme gay.
Oui, c’est plus facile de travailler avec Bobby, et de loin, parce qu’un homme gay est beaucoup plus à l’aise avec les vrais baisers et les vrais contacts. Beaucoup d’hétéros ont le réflexe d’esquiver : si un mec se penche vers vous pour vous embrasser, votre première réaction est de reculer du genre « Hé mec, qu’est ce que tu fais ? ». Bobby aussi le remarque toujours. Il va essayer de m’embrasser tout naturellement, et si je ne m’y attends pas, alors je dois faire attention à ce réflexe. Quelquefois d’ailleurs, cela a servi la scène, quand Michael est en colère après Ben, donc nous l’avons gardé.

Que dites-vous aux gens qui sont choqués de voir deux hommes s’embrasser ?
Vous savez, les débiles, quel que soit leur camp, peuvent aller se faire voir. J’ai pas besoin de leur approbation pour vivre. Donc toutes les attaques, les bons chrétiens qui menacent de vous jeter de l’acide à la figure…

Attendez, les chrétiens ont vraiment menacé de vous jeter de l’acide à la figure ?
Ouais. Et vous avez aussi les gays qui pensent que l’on ne montre que la promiscuité des gays ou bien que nos personnages sont complètement drogués. Mais regardez la série, bon sang. Mon personnage est dans une relation amoureuse séropositif/séronégatif depuis deux ans. Et pour ce qui est de l’immoralité des scènes de sexe, allez vous faire voir. C’est très chiant.

C’est dur pour vous de jouer celui qui est pénétré ?
Le passif ? Non, pas nécessairement. Parfois quand je joue Michael, je ne joue pas un homme gay mais plutôt une femme. Je joue la partie féminine dans le couple. Je me suis inspiré de ma mère et de ma tante Karen pour construire certaines attitudes de Michael.

Pourtant, certains ont l’air de croire que « jouer la femme » est plus dur.
C’est juste de la peur, c’est tout. Je pense que plus de gens ont peur de la sodomie, du moins de se faire sodomiser, que de la mort. Quand les gens parlent d’aller en prison, ils ne parlent jamais de s’y faire tuer. [Anne rit] Vos chances d’être tué en prison sont plutôt élevées. Mais ce n’est pas ce qui inquiète les gens, n’est-ce pas ? Non, ils parlent toujours d’être violés par un mec balaise dans les douches.

Je pense que les gens sont horrifiés à l’idée de faire cela par le même chemin que celui qui nous sert à déféquer.
Ouais, mais on pisse bien avec l’autre. Je vois pas où est le problème. La plupart des gens vivent juste dans la crainte d’être découverts. C’est ce dont ces chrétiens intégristes ont peur : la seule façon qu’ils ont de détourner l’attention de leurs péchés, c’est en montrant les vôtres : « Regardez, j’ai peut-être pensé à tromper ma femme, mais ce mec est un pédé ! » C’est marrant que de toutes les choses que Dieu est censé détester, c’est celle-là qui revient toujours sur le tapis.

C’est pas génial ?
C’est débile. Je suis né dans la religion chrétienne, baptisé à 11 ans, j’ai été au catéchisme et tout. Croyez-moi, il y a bien plus de passages dans la Bible où il est question d’amour et de tolérance que ces deux versets qu’ils nous jettent à la figure. La vérité, c’est qu’ils sont en train de mourir et que ça leur fait peur. L’idée fondamentaliste appartient à des fossiles qui voient leur système dépérir. La grande montée de la droite religieuse est comme le dernier souffle de Jason Voorhees quand il agonise à la fin de Vendredi 13, vous pensez qu’il est mort, complètement, et il a ce dernier spasme qui vous fait frémir. [Anne rit] Parce qu’il ne lui reste plus rien.

Quelle est la première chose que vous ayez voulu faire ? De la musique, du cinéma ou des Arts Martiaux ?
Hmm. Je pratique les Arts Martiaux depuis que j’ai 8 ans. C’est juste pour que mon cœur batte correctement. Ce n’est pas une réelle volonté, et je ne vais pas être grossier et appeler ça un besoin. C’est juste une partie de moi, et ça l’était probablement déjà avant ma naissance. C’est la même chose pour le fait d’être drôle. Vous savez, j’ai failli mourir quand j’avais 5 ans.

Comment ?
Une overdose. Ma sœur était sous traitement. Elle devait prendre un demi-comprimé tous les trois jours. Ils avaient le goût de menthe alors j’en ai avalé douze. J’ai été dans le coma. C’était un peu comme les anciens Beatles contre les nouveaux Beatles : après le coma, ma mère a dit : «tu es devenu drôle après ça.»

C’est stupéfiant. Parlez-moi d’une autre expérience formatrice.
Quand j’avais 13 ans, peut-être 12, je me suis regardé dans un miroir et j’ai dit : « ok, t’es moche. Faut t’y faire. Mais tu veux quand même t’envoyer en l’air, trouver la fille parfaite et tout. Comment vas-tu faire ? » Et j’ai pensé : « ok, je suis marrant, j’ai une personnalité convenable, et je suis très tendre, honnête et sincère. »

Vous n’étiez pas réellement moche, n’est-ce pas ?
Je ressemblais à un Hispanique et vivais dans le Kentucky. Certains pensent que je suis un juif New-yorkais ou à moitié Italien. Je pense que je dois mon apparence aux origines indiennes de ma famille. Mais dans cette zone du sud où il y a beaucoup de rouquins avec des taches de rousseurs et des gens blonds, j’étais forcément un peu à part. Mais une fois que je me suis dit « je m’en fous, je veux juste être qui je suis réellement au fond », en moins d’un an, mon visage a littéralement changé. J’ai grandi de dix centimètres. Je crois que ce choix d’être une projection de moi-même m’a transformé physiquement. Mais aussi d’un point de vue métaphysique. Etre bien avec soi-même permet de devenir une meilleure expression de ce que l’on est.

Donc vous vous êtes d’abord intéressé aux Arts Martiaux.
Et ensuite à l’humour. J’adorais l’idée de pouvoir faire rire ma famille et mes amis, parce que vous savez, ça aide les gens à se sentir mieux.

Saviez-vous que vous vouliez devenir comédien ?
Je n’ai réalisé qu’on pouvait en vivre qu’en arrivant à Chicago. A l’époque, je n’étais qu’un casse-bonbons avec de la tchatche. Je suis allé au Lycée New Trier et là, une femme nommée Suzanne Adams, que j’ai beaucoup aimée, était ma prof de comédie. Elle a reconnu en moi un certain talent en dehors de mon comique. Elle se concentrait vraiment sur l’aspect « bon, tu sais déjà quel est ton talent inné, alors travaille plutôt sur les aspects qui ne te semblent pas naturels. » Alors j’ai fait True West et La Ménagerie de verre, des choses qui me permettraient de développer d’autres talents.

Nous n’avons pas encore parlé de votre entrée dans la musique.
J’avais l’habitude de faire des petits concerts sur la colline en face de chez moi quand j’avais 8 ans. Je sortais les enceintes de la chaîne hi-fi et je faisais des concerts de Kiss. Mon père avait découpé une guitare en V dans du contre-plaqué, avait mis un manche de banjo dessus et il me l’avait donné. Et je dansais devant la maison. Ensuite, au lycée, je suis devenu le chanteur d’un groupe qui faisait des reprises de Kiss. J’étais épouvantable. Mais je me suis amélioré avec le temps.

A quoi ressemble l’expérience de voir le Hal Sparks Band en concert ? C’est du metal, c’est ça ?
Certains pensent que je vais faire l’ouverture avec des sketches, jusqu’à ce qu’ils arrivent et voient le groupe, le vernis noir sur nos ongles, nos yeux cernés d’eye-liner, et jusqu’à ce qu’ils entendent les riffs. Ensuite, ils sont stupéfaits.

Vous semblez incroyablement motivé, voire transporté. Quel est votre moteur ?
Je pense de tout mon cœur que l’Etre Humain a des capacités illimitées, dans bien des domaines. Mais on nous a inculqué l’idée étriquée que l’on doit choisir sa voie et s’y tenir. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Dans ma vie, si je fais quelque chose, je le ferai jusqu’à avoir exploré toute l’étendue de mes capacités.

Etes-vous altruiste au point d’avoir fait cela uniquement pour les gays, ou bien y a-t-il eu quelqu’un dans votre vie qui vous a motivé ?
C’est une combinaison. Deux de mes amis que j’avais étant jeune sont gays et ils ont fait leur coming out auprès de leurs amis, mais n’ont pas pu le faire auprès de leurs familles. Je ne savais pas qu’ils étaient gays jusqu’à ce que je quitte le Kentucky. Imaginez, avoir une amitié si longue avec quelqu’un, et que pourtant cette personne garde un tel secret. Vous aimeriez juste avoir pu dire : « Mec, t’aurais pu me le dire, et ça n’aurait pas posé de problème. » Quand j’ai travaillé avec Marianne Williamson, auteur et conférencière très spirituelle…

Comment êtes-vous devenus amis ?
J’ai assisté à une de ses conférences pour la première fois en 92. Je l’ai vue et je suis immédiatement tombé sous son charme, parce qu’une femme qui arrive à placer « Dieu » et « putain » dans la même phrase a forcément toute mon attention. A cette époque, elle travaillait sur le Projet SIDA Los Angeles et sur le Projet Nourriture des Anges. Marianne veillait tant de personnes sur leur lit de mort. A ses conférences, nous étions confrontés au SIDA tous les soirs, et chaque fois, ils faisaient venir une personne différente en fauteuil roulant. Elle a vraiment aidé à faciliter le « passage » pour beaucoup de gens.

Et vous avez commencé à prendre part à ses conférences en montant sur scène aussi, n’est-ce pas ?
Ouais, je devais juste faire l’andouille et remonter le moral des gens. J’étais Monsieur Sourire, autant que je le pouvais face à des choses très difficiles.

Est-ce que vos messages de soutien pour les gays ont déjà été mal interprétés ?
Je suis vraiment sur la corde raide quand je le fais. Lors d’une interview pour Direct TV, on m’a demandé « Comment vos parents ont-ils réagi au fait que vous soyez dans la série ? » et j’ai répondu « Eh bien dans le sud, ils ont probablement plus de difficultés que les parents d’acteurs vivant à New York ou L.A. Mais mes parents font partie de ces gens qui vous aimeront même si vous êtes gay. » Et les gens ont pris ce « même si » comme un «oh, les gays sont mentalement attardés» ou un truc dans le genre.

Comme « mes parents me pardonneraient d’être gay » ?
Ouais. Ce que je voulais dire, c’était « mes parents sont le genre de personnes qui n’en auraient rien à faire. Ils vous aimeraient. Vous êtes leur fils, leur fille. C’est comme ça qu’ils sont. » Et c’est tout à leur honneur. Mais ça a été immédiatement détourné par certains comme quelque chose de négatif. Vous avez ce groupe de gens qui ont été marginalisés toute leur vie, et à la minute où vous dites quelque chose qui pourrait être pris de deux façons, ils choisiront la pire des deux pour prouver l’aspect « je me fais toujours baiser par le système à cause de mon style de vie. »

Il est vrai que nous cherchons des indices qui montrent qu’une personne n’aime pas les gays, pour pouvoir déterminer si nous sommes en sécurité.
Oui, absolument. Mais quel homophobe qui se respecte pourrait travailler sur QaF plus de deux jours ? Sérieusement. Nous avons eu des gens comme ça, ils se sont désapés pendant deux épisodes. Ils pensent qu’une série comme QaF va booster leur carrière, et tant qu’ils n’ont pas grand-chose à faire, ils sont prêts à jouer les gays à temps plein dans un film ou dans une mini-série, ou autre. Mais faire une série comme celle-là, c’est un engagement de plusieurs années. Aucun Mormon ne s’inscrirait à « l’université gay ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit, c’est quatre ans de licence en homosexualité.

Pardonnez-moi mais il y a encore un point sur lequel la série semble un peu démodée. On a encore le sentiment que c’est « eux et nous ».
Oh oui. Nous n’avons aucun ami hétéro. Ca nous rend dingue, nous les acteurs.

Alors quel est le problème avec ça ?
Il faudrait le demander à Ron et Dan. Quand j’ai choisi de faire cette série, j’ai décidé que je n’interférerais pas dans l’histoire. Je l’ai fait une fois quand je voulais que Michael reste dans le placard un peu plus longtemps car beaucoup de gens se sentaient représentatifs de cette situation. Mais cela me surprend toujours qu’on n’ait pas d’amis hétéros. Daphne est à peu près la seule hétéro, avec les parents. C’est l’une des choses inconfortables quand on est un acteur hétéro qui joue dans la série, quand vous entendez Brian dire « Il n’y a que deux sortes d’hétéros : ceux qui te détestent bien en face et ceux qui te détestent dans ton dos. » alors on se dit « wow, wow, attend un peu là… »

Exactement. Je ne comprends pas.
Je pense que la raison principale est le manque de temps, et le fait de créer une relation avec un hétéro ne nous donne pas forcément d’infos sur le monde gay. C’est une série dramatique. C’est supposé être les moments les plus difficiles et les plus rudes de leurs vies. Si vous commencez à montrer de la tolérance, cela dévalorise le drame. Si vous êtes réaliste…

Alors ils voudraient tous quitter Pittsburgh !
Eh bien, ouais, je crois qu’ils devraient.

Y a-t-il quelqu’un de spécial dans votre vie en ce moment ?
J’ai rompu avec ma copine il y a environ deux mois, principalement pour des problèmes de temps. Je vis à L.A. la moitié de l’année, et à Toronto l’autre moitié. C’est très difficile de conserver une relation amoureuse. Un jour, je serai ce que j’appelle un acteur « rond de cuir », un mec qui peut faire trois films dans l’année et quelques apparitions télé. Mais si on veut en arriver là, il faut savoir sacrifier quelque chose, et dans mon cas, c’est ma vie amoureuse. Mais le travail que je fais maintenant, c’est construire une carrière qui me suivra pour le reste de la vie. Quand le moment sera venu, je pourrai mettre mes enfants à la fac et offrir un toit à ma femme.

Quel est l’Art Martial que vous pratiquez ?
En ce moment, j’étudie le Wu Shu, un art martial chinois qui vient du Kung-Fu shaolin. Plus précisément, c’est du shaolin dans un style nordique, avec des coups plus longs. C’est ce que fait Jet Li, ces beaux mouvements, très amples. L’art que j’étudie pour le combat est le Kung-Fu Sansu, c’est un art de street fight. C’est très brutal.

Vous êtes sur le point de redevenir Michael. Que va-t-il vivre cette saison, et quel challenge aura-t-il à affronter ?
Eh bien, Michael s’est enfui avec Hunter à la fin de la dernière saison. Il va à l’encontre de la loi. C’est un homme gay qui a emmené un mineur gay loin de sa mère et de la police. Le danger de ruiner sa vie est si grand. Michael est, et a toujours été de ceux qui mourraient pour vous. Mais il l’a toujours fait pour rendre service, avec à l’esprit « je vais faire ça pour quelqu’un d’autre ». Maintenant, il utilise qui il est, ce qui est important pour lui, et sa propre force.

Michael est en train d’apprendre.
Ouais. Je veux que Michael soit un homme à la fin de la série, dans tous les sens du terme. Je veux que le mec un peu ennuyeux et penaud qu’il était dans le pilote s’épanouisse et devienne un être humain, un homme gay à l’aise. Il ne se bat pas pour être gay, il l’est, c’est tout.

Qu’avez-vous appris sur vous-même en jouant Michael ?
J’étais de nature altruiste, du genre à faire des trucs sympas pour les autres à mes dépens, et jouer Michael m’a appris à ne plus le faire. L’autre chose est que je ne me suis jamais senti aussi sûr de mon hétérosexualité. Je suis un peu plus agressif physiquement avec les femmes, ce qui est bien car c’est une expression plus honnête de qui je suis. Et c’est certainement plus sain que d’être dans une situation en suspens et effrayé dans le style « J’espère qu’elle m’aime bien. » Mes relations amoureuses se passent mieux grâce à cela.

Y a-t-il quelque chose que je ne vous ai pas demandé que vous aimeriez nous dire ?
Vous ne pouvez pas mettre tout le monde de votre côté, alors n’essayez pas. Ne vous embêtez pas parce que ce ne sont pas des mecs cool, et c’est pas le lycée. Les chrétiens fondamentalistes, l’Eglise catholique, les Républicains, les trous du cul de l’université de Bob Jones, les mecs de la Fox Media, il n’y a aucun intérêt à traîner avec eux. Ils sont méchants et on ne peut pas avoir de conversation normale avec eux. Alors ne vous embêtez pas.

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Par Anne Stockwell

Il est direct mais, comme il l’a confirmé dans son interview sans retenue pour The Advocate, aucunement borné. Nous avons parlé de politique, d’amour, de sexe, d’arts martiaux (dont il est un adepte de longue date), de Marianne Williamson, du VIH, du fondamentalisme, et de bien d’autres sujets fascinants. En fait, comme vous allez le voir dans les extraits suivants, c’est surtout Hal qui a parlé. Nous l’avons juste écouté, et nous n’avons pas été déçus.

Qu’avez-vous appris sur vous-même en jouant Michael ?
Cela m’a appris… Je ne sais pas. D’un point de vue physique et psychologique, cela a eu un grand effet. Je vais l’expliquer du mieux que je peux : disons que vous avez beaucoup de colère en vous, et que grâce à cela, vous obtenez un rôle à la télé pour jouer ce genre de personne. Et chaque jour pendant douze heures, vous expulsez toute cette colère de votre corps pour la mettre dans votre personnage. Quand vient le week-end, vous êtes une loque béate. Vous devenez aussi heureux car vous avez épuisé le stock de colère que vous aviez en vous. Et les gars qui jouent les méchants sont souvent les gars les plus gentils au monde car ils ont évacué toute leur méchanceté. Ils ont eu l’occasion d’en faire l’expérience alors que nous autres gardons cela bien caché au fond de nous et essayons de le refouler. Ils ont tout consommé, donc ils s’en fichent et ils peuvent redevenir gentils.
Et de façon un peu similaire, j’étais de ceux qui sont altruistes, paillassons, qui seraient prêts à faire n’importe quoi pour quelqu’un d’autre à leurs dépens, et jouer Michael m’a permis d’arrêter ça, d’utiliser et d’évacuer ma gentillesse. Ca n’est pas sain, ça n’aide pas, et ça rend malade. Donc je suis devenu plus mature en me débarrassant de ces traits que nous trouvons tous si ennuyeux chez Michael. Je n’ai jamais atteint le niveau de Michael dans ce domaine, mais tout ce que j’avais, je l’ai mis dans le personnage. Donc, ça a disparu.
L’autre chose est que je ne me suis jamais senti aussi à l’aise dans mon hétérosexualité. Je pense que l’homophobie de certains est basée sur la peur que si jamais ils étaient embrassés par un homme, il se pourrait qu’ils aiment ça. Moi, je l’ai fait, et je n’ai pas aimé ça, donc il n’y a plus de problème. Je sais qui je suis, et je n’attends pas d’un homme gay qu’il devienne hétéro sous prétexte qu’il a embrassé un femme, parce que je comprends. Donc je n’ai plus cette peur. Je suis un peu plus agressif avec les femmes, ce qui est une bonne chose car cela représente qui je suis de façon plus honnête. Et je pense que c’est certainement plus sain que de rester dans une situation de peur où on se demande « est-ce qu’elle m’aime bien ? ». Je suis juste moi-même plus honnêtement, c’est génial. Et les réactions ont été positives de la part des personnes avec qui j’ai été, cela a amélioré mes relations amoureuses. J’ai appris beaucoup de Michael sur ce qu’il ne faut pas faire. J’ai aussi appris que beaucoup de gens vivent derrière un voile, c’est l’idée de désespoir silencieux de Thoreau. Cela est totalement étranger à ma vie. On me pose souvent la question « Quel est votre plaisir coupable ? Avez-vous un plaisir coupable ? », parce que je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me drogue pas, « Vous devez bien en avoir un, c’est quoi ? ». Et moi je réponds « Je peux vous dire quels sont mes plaisirs mais je ne connais guère la culpabilité car je n’adhère pas aux même codes moraux que la plupart des gens pour me dire ce qui est mal. Si je le faisais, je ne pourrais pas être dans la série. Ce n’est pas parce que je fais des choses qui vous paraissent inacceptables que je dois m’en sentir honteux ou coupable. Ne projetez pas vos sentiments sur moi. »

Votre attaché de presse m’a dit que vous aviez des problèmes au début pour être invité dans des émissions.
Oh ouais.

Et elle a dit, « Dieu bénisse Jay Leno. »
Ouais, en fait, ils ont été assez cool là-dessus, mais on peut aussi dire que Leno était nerveux à propos du sujet et de tout ce qui va avec, mais ils ont vraiment été respectueux. Et c’est NBC ! On pourrait imaginer que CBS faisant partie de la famille Viacom, tout comme Showtime, nous aurions pu aller chez Letterman… eh bien non. Mais je suis récemment retourné sur Hollywood Squares, la première fois depuis Queer as Folk, (j’y avais été quelques fois pour Talk Soup) et ça a été la traversée du désert dès que j’ai commencé QaF parce que les gens ne voulaient pas prononcer le mot «queer» pendant leurs émissions. Parce qu’ils disent « Hal Sparks, Queer as Folk » quand ils font la promo de leur émission et le mot «queer» a été considéré comme un gros mot pendant très longtemps. Et ensuite, deux choses sont arrivées : Queer Eye for the Straight Guy et la diffusion de I Love the ‘80s sur VH1. Et soudain, j’étais plus acceptable pour le public et ils étaient tous là : « Oh oui, il est aussi acteur, il se trouve seulement qu’il est dans Queer as Folk et Queer Eye for the Straight Guy… »

Peut-être pensaient-ils tous qu’il s’agissait de la même série !
Exactement. D’un seul coup, tout le monde était partant. Mais pendant deux ans et demi, beaucoup d’émissions nous disaient juste « Eh bien si on peut, on va vous faire venir » mais par derrière, ils disaient « non, non, c’est pas possible. » Et on perd beaucoup de boulots à cause de cela, on ne peut plus faire de films familiaux pour Disney pendant un bail. Et je comprends cela, pas seulement à cause du côté homosexuel, mais parce que c’est une série hautement sexuelle. Je ne serai pas dans le prochain film sur le Père Noël, parce que les gosses vous voient et disent «Je l’aime bien !», ils s’enflamment et un gamin de 10 ans vous enregistre sur son disque dur, et soudain c’est « Hé, mais qu’est-ce qu’il regarde ?! » [Anne rit]. Et on a des fans vraiment très jeunes, ce qui est très perturbant, qu’un gamin de 13 ans puisse décrire mon derrière à la police. Je vais devenir comme Michael Jackson ; on va me voir à la télé disant « Je n’ai vraiment rien fait… » [Anne rit] C’est l’une de mes grandes peurs, j’imagine la scène : « C’est son derrière ! » m’identifiant parmi d’autres. « Son derrière est sur le net ! C’est sur le net ! » « Venez avec moi, Monsieur. » [Rires]

Y a-t-il quelque chose que je ne vous ai pas demandé que vous aimeriez dire ?
Je suis sûr que oui, parce que je peux parler indéfiniment. Nous n’avons presque encore jamais parlé du fait que si les gens pensent qu’un mec est gay, alors ils ne peuvent pas le voir comme quelqu’un de romantique. Eh bien j’ai eu la même réaction de la part de la communauté gay sur Queer as Folk.

J’en suis sûre.
Et d’une certaine manière, cela m’arrive encore. Donc cela vient plus de l’attitude des gens envers la sexualité qu’envers l’homosexualité.

C’est très intéressant.
Il y a beaucoup de standards qui sont valables dans les deux sens, et c’est tout à fait compréhensible. Mais j’ai toujours droit à la même rengaine : « C’est évident qu’il simule. C’est évident. »

Eh bien écoutez, mon voisin m’a dit, « Oh, Hal n’est pas hétéro ! C’est pas possible qu’il soit hétéro ! » donc vous l’avez bien convaincu.
Ouais, eh bien… c’est mon travail.

Lui et bien d’autres d’ailleurs.
Bref, tout ça pour dire que… les gens avaient tendance à me demander « Vous n’avez pas peur » –quel grand mot- « Vous n’avez pas peur que les gens pensent que vous êtes vraiment gay ? » Et moi je dis « Eh bien avant tout, non, je n’ai pas peur – je n’ai pas peur de vous, il n’y a pas grand-chose qui me fasse peur. Je n’ai pas peur que les gens pensent que je suis gay, parce que ces gens qui pensent que je suis gay sous prétexte que je joue un personnage gay dans QaF sont mentalement les mêmes que ceux qui pensent que les présentateurs vivent réellement enfermés dans les postes de télé. » Vous devez comprendre à qui vous plaisez. Vous ne pouvez pas essayer de plaire à tout le monde car vous n’y arriverez jamais. Les gays catholiques me font halluciner – putain mais pourquoi continuez-vous à les fréquenter ? Ils vous détestent. C’est comme les noirs républicains – Qu’est-ce que vous croyez ? N’essayez pas de les convertir – il y a bien plus de gens qui vous aiment et vous respectent que vous ne pouvez l’imaginer. Vous n’avez aucune idée du nombre de personnes qui acceptent totalement qui vous êtes. Arrêtez de frapper aux portes closes pour essayer d’entrer. Qu’ils aillent se faire voir. Leur fête est ennuyeuse de toute façon. N’y allez pas. Trouvez des gens qui pensent comme vous et faites accroître le groupe des gens sincères. N’essayez pas d’adapter les vieux systèmes à votre façon d’être, car cela ne marchera pas. Laissez-les mourir.

Laissez-les mourir.
Ces absurdités sur la séparation des Episcopaliens qui se scindent, et ces gens qui en font tout un plat. Les Eglises n’arrêtent pas de se scinder depuis des années. Allô ?! Les Presbytériens, les Luthériens, les fondamentalistes Evangéliques, l’Eglise du Christ… tous ces gens se détestent et ils sont pourtant supposés suivre le même mec. Qu’ils aillent se faire foutre. Ne les approchez pas. Si vous respectez les enseignements du Christ, apprenez-les par vous-même. Il n’y a aucun mal à cela. Vous n’avez pas à payer un gars avec un grand chapeau pour aller au paradis. Cela ne marche pas comme ça. Cela m’étonne toujours de voir que les gens veulent être aimés par les gens qui les détestent. N’y prêtez pas attention. Ne vous embêtez pas, parce que c’est un petit groupe et ce ne sont pas les mecs cool. Ce n’est pas le lycée. Les chrétiens fondamentalistes et l’Eglise Catholique, et les républicains, et les cons de l’université Bob Jones, et les gars de Fox Media, il n’y a aucun intérêt à les fréquenter. Beaucoup d’entre eux sont des alcooliques, des drogués, des mecs qui battent leur femme, des cons. Ils prétendent être des pères de familles mais ils gueulent après leurs gosses. Ils sont méchants et on ne peut pas avoir une conversation normale avec eux. Ils n’ont aucune morale, ils font des choses horribles et ils défendent leurs arrières en dénonçant quelqu’un d’autre. Alors pourquoi perdre son temps ? Pourquoi les suivre jusqu’en enfer ? Pourquoi sombrer avec le Titanic ? Allez juste vers ce mec, au boulot, qui vous sourit et qui est cool, qui est hétéro et qui vous accepte tel que vous êtes. Bon, n’allez pas non plus lui dire « Hé, tu veux venir avec moi dans un bar gay ce soir ? », pas plus que vous n’allez voir les fans de sport au boulot pour leur dire « Hé, je veux venir voir le match avec vous, juste pour vous prouver que je ne suis pas aussi gay que vous le pensez. » ou autres âneries.
Arrêtez de faire dans l’extrême et regardez plutôt les gens autour de vous qui vous aiment et vous soutiennent de façon routinière et normale. Parce qu’ils sont très nombreux, ils sont partout. Queer as Folk a un vaste public, dont la majorité est hétéro. Je trouve que la vérité est exaltante. Les mensonges sont effrayants mais ils sont aussi fragiles, ils sont minces. Les mensonges des Chrétiens et des républicains sont fragiles. C’est pour cela qu’ils les répètent aussi souvent. Parce qu’ils n’ont aucune foi dans la solidité de l’échafaudage. C’est comme ces vieilles façades de l’Ouest dans les vieux films de cow-boy. C’est le devant d’un magasin alors vous devez poser des étais partout pour que ça tienne debout, parce qu’il n’y a absolument rien derrière. Et ils le savent, et c’est pour cela qu’ils parlent si fort.
On n’a pas besoin de parler fort quand on a un bon argument. Considérez-les comme les fous qu’ils sont et rejetez-les, et allez avec les gens qui vous respectent et avec qui vous pouvez parler de façon honnête et objective. J’ai adoré que vous mettiez Wesley Clark en couverture. J’adore ce mec. Si Kerry s’en sort parce que les démocrates sont trop stupides pour présenter quelqu’un qui ait de réelles idées nouvelles, alors je voterai pour lui, cela n’a pas d’importance. Tout le monde votera pour les démocrates cette année, ça va être un raz-de-marée.

J’espère sincèrement.
C’est sûr, croyez-moi. Il y a des républicains qui ne voteront pas pour Bush. Beaucoup d’entre eux. Ainsi que beaucoup de gentils républicains qui sont juste pour la conservation de la fiscalité, mais ceux là sont des libéraux. Georges Bush est un libéral d’un point de vue fiscal. Ne vous faites pas d’illusions. Ce mec dépense sans compter, il jette l’argent par les fenêtres, il n’a jamais eu d’entreprise qui marche, il a toujours vécu dans le rouge, et c’est aussi de cette façon qu’il dirige le gouvernement. Toutes ses compagnies pétrolières ont fait faillite, toutes ses petites équipes de base-ball à la noix ont coulé. Et il reprend exactement le même système. Quand on ne sait pas faire ses comptes à l’université, on est sûr de ne pas savoir les faire non plus quand on est Président. Personne ne peut plus rien faire pour vous, c’est évident.

J’adore le nom qu’il a donné à sa compagnie : « Arbusto ». Cela sonne comme « nous allons faire faillite » (ndlt : « bust » veut dire faillite)
Oh, ouais. Totalement. Mais le fait est que d’après moi, il y a de plus en plus de gens forts et hardis qui ont de réels arguments, des gens comme Michael Moore, des gens comme Al Franken. Des gens comme Wesley Clark qui donnent juste leur vérité sans être agressifs comme peut l’être Ross Perot, et cette attitude devient de plus en plus courante. De bien des façons, l’Amérique a régressé ces dernières années, elle est revenue au temps des Puritains quand ils ont quitté l’Angleterre : une Eglise, une idée, une monarchie, tout pour les nobles et rien pour les serfs, ce genre d’idées. Et cela ne prend pas longtemps pour qu’un Thomas Jefferson surgisse et dise : « C’est complètement tordu. Je ne vous écoute plus et pour chacun de vos stupides mensonges, j’ai 10 000 raisons honnêtes pour lesquelles cela ne marchera pas, pour lesquelles ce que vous dites est faux. » Et je pense que cela arrive de plus en plus.
En 1995, je me souviens très bien avoir pensé « Que faut-il aux gens pour qu’ils aillent voter ? C’est quoi leur problème ? Les gays, les noirs, les hispaniques, les agnostiques, les Wiccans et les gens qui croient en la métaphysique, et les gens qui font du yoga, et les gens qui se préoccupent de l’environnement, du rapprochement, de la camaraderie… qu’est-ce qu’ils foutent assis chez eux pendant que ces vieux cinglés de religieux de droite se baladent en déambulateur et gardent Strom Thurmond au sénat jusqu’à ce qu’il soit pratiquement mort ? Que leur faut-il de plus ? Je vais vous dire ce qu’il a fallu de plus : George Bush. Il est la réponse à nos prières d’un point de vue libéral car il est le facteur motivant.
Dans les histoires de super héros, le héros est défini par son adversaire. Si votre adversaire est faible, alors vous n’utiliserez jamais tous vos super pouvoirs. Et à la minute où le vrai méchant arrive, on teste votre courage. Bush était nécessaire parce que nous étions fainéants. Et c’est la vérité, que les gens le veuillent ou non. Nous l’avons créé. La gauche n’a pas voulu avancer et ils ont voulu faire un bras d’honneur à ceux qui avaient des croyances religieuses parce qu’ils les voyaient tous comme des fanatiques, ils ont éliminé quiconque ayant un aspect spirituel et ils les ont laissé utiliser les mots « valeurs familiales » quand ils avaient nettement des valeurs familiales : ils accordaient de la valeur aux familles de blancs riches, autant qu’ils accordaient de valeur aux familles de noirs, de gays et d’hispaniques sans le sou. La valeur est quelque chose de relatif. C’est un mot non descriptif. C’est général.

Les « pro-taxes» doivent avoir quelque chose à voir là dedans.
Ouais, absolument. On peut voir ceux qu’ils estiment d’après leur code fiscal.

Et bien j’espère que vous avez raison.
J’ai raison. Cela importe peu. Quand je serais président…

Quoi ?
Je finirai bien par me présenter un jour.

Vraiment ? Bien !
Je serai le premier mec à se présenter aux présidentielles dont le derrière est en photo sur le net. [Anne rit] En fait, peut-être pas le premier, mais au moins le premier qui en a tellement sur le net qu’il ne peut pas en racheter les droits.



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